Pour beaucoup d’entreprises, le stage est un préalable à l’embauche, le rôle du tuteur est donc primordial pour que l’étudiant ait une vision juste de la réalité professionnelle.
Le service de relations humaines évalue en premier lieu les qualités pédagogiques du futur tuteur : l’aptitude à partager son savoir et à transmettre ses connaissances est la qualité numéro 1 d’un bon tuteur. Son attachement à la culture de l’entreprise et son adhésion aux valeurs qu’elle véhicule est également un bon indicateur.
Son profil dépend ensuite du type de stage et du niveau d’études du jeune qu’il va encadrer. Les techniciens ayant des compétences spécifiques seront plus à même de former des jeunes à des métiers opérationnels, ayant eux-mêmes une maîtrise pointue des tâches.
Les managers sont tout indiqués pour accompagner le stagiaire dans la mise en pratique des connaissances acquises en Master ou Licence en lui faisant partager les problématiques auxquelles il est confronté lors de sa pratique professionnelle.
Le tuteur ne doit pas nécessairement être titulaire d’un diplôme de même niveau que son stagiaire, car c’est l’expérience professionnelle qui prévaut dans cette démarche, sauf dans le cas de l’apprentissage. Légalement, le maître d’apprentissage doit être titulaire d’un diplôme au moins équivalent à celui préparé par l’apprenti et justifier de 3 ans d’expérience professionnelle dans le métier concerné. À partir de 5 ans d’expérience, ces conditions peuvent être revues.
La direction des ressources humaines identifie les tuteurs potentiels en fonction de leur aptitude à s’adapter et de leur dynamisme, qui peuvent être évalués au cours des formations, ou au regard de leur plan de carrière.
L’avis du N+1 permet de mesurer les compétences du futur tuteur et de vérifier que la structure destinée à accueillir ce collaborateur a les moyens techniques et logistiques nécessaires au bon déroulement de son stage.
Cette évaluation intervient avant la proposition directe au salarié, qui peut être formulée lors de l’entretien annuel. L’associer aux entretiens avec le candidat permet d’évaluer les affinités entre eux en amont.
Une formation au tutorat permet de donner des outils simples et de dégager les éléments clés de l’accompagnement : accueil, communication, suivi, transmission du savoir.
Dans certaines structures, c’est un préalable incontournable à l’encadrement, tout comme le suivi mensuel assuré par le RRH : « Cela nous permet de suivre l’avancée des connaissances, de fixer les objectifs, de corriger si besoin », explique Jean-Christophe Signol, Responsable des relations humaines, direction opérationnelle Rhône-Alpes de Carrefour Market.
Le meilleur indicateur de la réussite du tandem : "Quand le stagiaire postule à l’issue de son stage. Souvent, son ancien tuteur devient celui vers lequel il s’appuie au début", ajoute-t-il.
