A écouter les dirigeants, le stage fait de plus en plus office de période d’essai. Pour preuve : les deux tiers des annonces publiées par les entreprises sont destinées aux étudiants de 3e année, tandis que les écoles prévoient, elles, des stages dès la 1ère année. La plupart des sociétés semblent donc vouloir avoir affaire à des jeunes en passe d’être diplômés, c’est-à-dire opérants et directement employables à l’issue de leurs missions.
Plus le niveau d’études est élevé, plus le stage a une chance de se muer en emploi. Bien sûr, en premier ministère, son recours n‘est pas d‘aboutir à une embauche. Seulement, si l'étudiant se révèle efficace, l’entreprise ne manquera pas de lui faire une proposition immédiate.
Livrés à une "guerre des talents", les recruteurs ne veulent pas laisser filer la perle rare… surtout s‘ils l’ont eux-mêmes formée. Pour ne pas se faire damer le pion par la concurrence, les recruteurs chassent le futur diplômé au sein même de la formation, soit en développant des partenariats avec les établissements, soit en investissant les forums d’étudiants.
L’importance du stage dans la formation n’est plus à démontrer. En 2005, 95 %* des jeunes diplômés avaient réalisé au moins un stage, celui-ci validant un diplôme et constituant une expérience indispensable sur un CV. Pour que chacun y trouve son compte, il doit reposer sur un contrat gagnant-gagnant.
Côté entreprise, la sélection doit s’opérer selon un processus de recrutement bien établi, basé sur plusieurs entretiens, une analyse des dossiers, voire des tests évaluant compétences techniques et comportementales. Selon une enquête du Journal du Management, la moitié des entreprises ayant mis en place une politique de gestion des stages s’appuient sur la fonction RH.
Si pour le candidat, le stage doit répondre à un projet professionnel, il doit offrir un vrai retour sur investissement à l'"encadrant". Déjà, le statut de stagiaire offre bien plus de souplesse que celui d’apprenti… Mais suffisamment allongée, la durée de la formation favorise la diversité des missions confiées et une montée en responsabilités de l‘étudiant.
Obligatoire pour toute mission supérieure à deux mois, la rétribution ne gage pas d’une qualité. Seulement, elle témoigne de l’intérêt porté aux stagiaires et fait partie des avantages considérés par les candidats.
Le stage permet aussi à l’entreprise de travailler son image, auprès des jeunes en général, des futurs diplômés en particulier. Et pour sa communication interne, il peut même relever d’un grand recours.
Quelques semaines avant la fin du stage, le tuteur peut ainsi réaliser une évaluation afin d’apprécier les qualités, performances et compétences que le stagiaire a développées au sein de la société. Enfin, une fois la mission achevée, il est bon de mesurer l’entrain et la satisfaction du stagiaire en se penchant sur son rapport de stage. Un rapport dont l’analyse intéressera autant la direction que son auteur, si ce n’est davantage !
* source : APEC
