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Ce que veulent les jeunes

De l’argent, du temps, des missions intéressantes, de la reconnaissance… Quels sont les leviers professionnels qui motivent réellement les jeunes ?

Le cabinet Quatre Vents, cabinet de Conseil en Marketing et Communication, a interrogé 20 000 étudiants et jeunes diplômés issus des 120 meilleures écoles de commerces et d’ingénieurs françaises

L’enquête visait à déterminer leurs attentes vis-à-vis de leurs futurs employeurs et abordait la perception du monde de l’entreprise dans les grandes écoles, les attentes en matière d’information de la part des recruteurs, mais aussi les canaux de communication de recrutement les plus efficaces. Les réponses constituent une mine d’or pour les recruteurs désireux d’attirer les meilleurs profils.

Premier constat : "Je postule dans les entreprises que je connais"

Très sollicités, les étudiants des grandes écoles privilégient avant tout des moyens de recrutement "actifs" : au moment de postuler, la grande majorité d’entre eux ont déjà en tête les sociétés chez lesquelles ils souhaitent être recrutés.

Qu’ils soient ingénieurs ou issus d’une école de commerce, ils effectuent majoritairement leur recherche de stage ou d’emploi via le site web de recrutement des entreprises. Ils sont ainsi 61,7% dans les écoles de commerce et 59,7% dans les écoles d’ingénieur à privilégier une candidature on line dans l’entreprise qu’ils connaissent forcément…

Sourcing : réseau et bureau des stages en tête, Facebook complètement out

L’aspect réseau reste très important en étant cité à 48%. Mais les grands vainqueurs en terme de sourcing sont le forum de l’école (38%) mais surtout le site stage/emploi (ou service des stages) de l’école avec 44,2%, avec un écart encore très important entre les commerciaux (60%) et les ingénieurs à (37%).

En revanche, les sites d’annonces d’emploi ne sont cités qu’à 18,4%, les salons de recrutement à 9,4%. Pire, les réseaux virtuels type Facebook (1,3%) sont totalement anecdotiques… Des résultats qui risquent de pousser nombre d’entreprises à s’interroger sur leur stratégie de sourcing dans les grandes écoles.

A noter cependant des écarts très significatifs notamment par rapport aux sites d’annonces d’emploi puisque 40% des jeunes diplômés en recherche d’emploi ou des jeunes expérimentés déclarent utiliser les sites d’annonces d’emploi (contre 18,4% pour l’ensemble des répondants, avec les étudiants donc).

La stratégie de sourcing gagnante : coupler les actions

Le forum de l’école, l’intervention dans le cadre d’un cours et les actions de proximité dans les écoles (événement inter-écoles / sponsoring d’associations) : une stratégie payante à condition de coupler ces actions.

61,8% des étudiants et jeunes diplômés issus d’une école de commerce plébiscitent le forum de leur école dans le cadre de leur recherche d’emploi. 44% d’entre eux affirment en outre que l’intervention d’une entreprise dans le cadre d’un cours a un impact positif sur l’orientation de leurs recherches.

Ce type d’actions reçoit également l’assentiment des jeunes ingénieurs, dont 51,4% affirment avoir été incités à contacter une entreprise présente au forum de leur école, ou, pour 39,7% d’entre eux, après qu’un de ses représentants soit intervenu lors d’un cours.

Les événements inter-écoles et/ou le sponsoring d’associations sont le 3e vecteur le plus efficace avec 38% de suffrages ; additionné à un amphithéâtre ou un petit-déjeuner de présentation, ce nombre s’élève à 75% !

Les parrainages de promotions (16%) et un partenariat avec l’administration (10%) ferment la marche… néanmoins ces actions sont souvent couplées entre elles, ce qui assure efficacité à court, moyen et long terme.

Le type d’action menée en tant que tel importe peu, même si globalement les projets culturels, professionnels, sportifs (entre 48% et 38%) ressortent légèrement par rapport aux projets ludiques, scientifiques et humanitaires, cités par les étudiants à un très honorable 28%.

Nouer une relation durable pour affirmer sa marque employeur

Pour une véritable efficacité dans sa stratégie de recrutement, l’entreprise doit nouer un lien avec les étudiants par des actions directement dans l’école, en conjuguant approche pédagogique (explication de ses activités et métiers) et vocation "ludique" pour se différencier mais aussi "capter des contacts" qui pourront être un jour candidats mais qui seront de toute façon prescripteurs de sa marque employeur.

Les étudiants et jeunes diplômés des grandes écoles attendent que les entreprises "viennent à eux" ; l’absence de communication amont en proximité ou d’actions nombreuses et variées dans la durée signifie peu ou pas de candidats.

Il est également à noter qu’une véritable stratégie de relations écoles sera toujours rentable à moyen terme ; dès que l’étudiant futur candidat potentiel n’est plus dans l’école, l’entreprise devra investir à minima dix fois plus pour espérer peut-être le toucher de nouveau… sans garantie de le séduire cette fois-ci, puisque les contacts établis ne seront plus que "professionnels".

Ambiance de travail et projets à l’international plébiscités, pas de stock-options

Missions confiées (54,5%), ambiance de travail (43,8%) et localisation géographique (39,7%) sont les critères déterminants de choix… même si la rémunération reste une donnée importante avec 37%.

Des valeurs souvent valorisées par les entreprises n’entrent quasiment pas en compte dans le choix de l’entreprise : prestige (17%), standards éthiques (10,4%), pérennité (5%).

Qu’ils soient issus d’une école de commerce ou d’une école d’ingénieurs, les jeunes diplômés accordent une grande importance aux opportunités de carrière internationale. Ils sont ainsi 62% en école de commerce, et 52,7% dans les écoles d’ingénieurs, à affirmer être particulièrement sensibles à cet élément

Des différences apparaissent en revanche quant à la politique de rémunération et de formation de l’entreprise. Les ingénieurs se déclarent sensibles à 44,7% à la possibilité de suivre des formations payées par l’entreprise (contre 38% dans les écoles de commerce).

A l’inverse, 47% des diplômés issus des écoles de commerce accordent une réelle importance au versement de primes liées aux performances, contre 37% dans les écoles d’ingénieurs. A noter que la possibilité de recevoir des stock-options ne semble intéresser que 7% des jeunes diplômés tous cursus confondus ; moins de 8% d’entre eux affirment avoir envie de créer leur propre entreprise à trois ans ; l’entrepreneuriat en France, ce n’est pas pour demain !

Equilibre entre vie professionnelle et vie personnelle : un leitmotiv

Tous s’accordent également sur l’importance de la flexibilité des horaires de travail (43% en écoles de commerce et 52% en écoles d’ingénieurs). Si elles demeurent importantes, les opportunités de carrières à l’international, de hauts niveaux de revenus et d’autonomie sur ses projets apparaissent donc moins prioritaires pour ces jeunes diplômés que leur aspiration à un meilleur équilibre entre vie personnelle et professionnelle.

Qu’ils soient issus d’une école de commerce, d’une école d’ingénieurs ou déjà en poste, les jeunes diplômés sont, comme la très grande majorité des Français, avant tout sensibles à la possibilité d’équilibrer vie professionnelle et vie personnelle. Ils sont plus de deux tiers à se fixer cet objectif trois ans après leur diplôme !

Attirer et fidéliser les jeunes diplômésdes grandes écoles

42% des étudiants et diplômés des grandes écoles disent ne pas bien connaître les entreprises potentielles qui pourraient correspondre à leurs attentes… tandis que 48% citent le manque d’expérience comme un handicap lourd pour accéder à un premier poste à la hauteur de leurs ambitions.

Première solution envisageable : formation à l’entrée, parcours individualisés et programme hauts potentiels ; ces forts vecteurs d’attractivité répondent parfaitement à ce manque d’expérience perçu.

Deuxième axe de travail indispensable : communication de fond, de proximité, dans la durée avec de nombreux moments de rencontres directement dans l’école (en couplant des actions ludiques à forte attractivité pour mieux se faire connaître et des opérations de fond plus orientées métiers) feront la différence, car s’il est compliqué d’attirer, une fois que l’entreprise est connue et que des échanges informels ont rassuré le candidat potentiel … tout devient possible !

Le GREPMardi 15 Mars 2011