"Pourquoi se jeter sur un diplômé de grande école quand un bac+2 peut rattraper son niveau au bout de quelques années d'expérience en poste dans l'entreprise ?" C'est la question que se posent de plus en plus de recruteurs.
Tous les témoignages semblent aller dans le même sens : "Les jeunes diplômés issus d'un DUT ou d'un BTS sont certainement les profils qui s'adaptent le plus rapidement à l'entreprise", affirme Pierre Lamblin, directeur des études de l'APEC. Au bout de quelques semaines au sein de la société, les juniors ont déjà trouvé leurs marques et sont parfaitement opérationnels.
Il n'y a donc que très peu de perte de temps d'adaptation, comparé aux étudiants titulaires d'un master. Ces derniers connaissent pourtant très bien le monde de l'entreprise mais du fait de leur poste, mettent plus de temps à se positionner.
"Les diplômés bac +5 sont plus généralistes que leurs collègues de BTS ou DUT. Ils doivent donc s'informer sur le secteur, bien étudier la situation, ce qui est tout à fait normal mais prend plus de temps", explique Pierre Lamblin.
De leur côté, les bac+2 sont engagés à des postes de techniciens qui demandent moins d'analyses à leur arrivée. Résultat, ils sont rapidement opérationnels et progressent donc plus vite en compétences sur leur poste.
"Nos recrutements se concentrent pour les deux tiers sur des bac+2/3, explique Carole Sottel, responsable adjointe du recrutement chez BNP Paribas. Ces profils commencent évidemment à des postes à responsabilité et à salaire plus bas que les bac +5 mais les possibilités de progression de carrière sont énormes".
En effet, les grands groupes favorisent grandement la progression interne pour fidéliser leurs salariés et les bac +2 en profitent pleinement. En moins de cinq ans d'expérience, ils peuvent accéder à des postes d'encadrement qui sont normalement proposés à des ingénieurs ou des diplômés d'écoles de commerce. De plus, leurs prétentions salariales sont bien moindres que celles des diplômés des grandes écoles. Un argument de plus aux yeux des recruteurs.
De plus, la plupart des cadres et chefs d'entreprises préfèrent un salarié avec cinq ans d'expérience au sein de leur société quelque soit sa formation initiale qu'un profil surdiplômé avec 2 ans seulement d'ancienneté : "Rien ne remplace l'expérience du terrain, même pas l'enseignement des plus grandes écoles du pays", estime Thierry Rapier, chef d'une PME spécialisée dans l'agroalimentaire.