Le GREP RH, site des relations Ecoles-Entreprises
Le GREP Spécial Alternance

Le GREP Spécial Alternance

Verser sa taxe d'apprentissage

Verser sa taxe d'apprentissage

Le stage en entreprise

Cap sur le stage en entreprise

Accueil > Recherche et Partenariats > Participer à la formation universitaire > Participer à la pédagogie > Le poids du privé dans la création de diplômes

Le poids du privé dans la création de diplômes

Pour avoir des professionnels compétents, il faut des formations adaptées. Ainsi, les entreprises participent directement à l’évolution des formations. Depuis longtemps dans les écoles et de plus en plus avec les universités…

Entreprises et enseignement supérieur tendent de plus en plus à se rapprocher pour mettre en adéquation offre de formation et besoins de l’économie. Quand un métier ne dispose pas encore de formation adéquate, une des solutions est de créer un nouveau diplôme, né de la coopération d’une réflexion commune.

Une réflexion commune

"Tout au long de l’année, les écoles sont en contact direct avec les chefs d’entreprises pour avoir leur appréciation sur nos offres de formation. Ils nous font parfois part de nouveaux besoins émergents chez eux auxquels ne répond aucun diplôme", raconte Frank Vidal, directeur de l’école de management Audencia.
A partir de ces discussions, un processus de réflexion s’enclenche et peut déboucher sur la création de nouvelles formations. C’est ainsi que la licence professionnelle a vu le jour à l’université. Souvent accusée de ne pas être assez professionalisante, l’université a voulu inverser la tendance en se dotant d’un diplôme de niveau bac +3 destiné à l’insertion professionnelle, avec un contrat en alternance signé entre l’étudiant et l’entreprise.

Des diplômes estampillés

Les acteurs du monde économique sont parties prenantes de l’évolution de la formation proposée par l’enseignement supérieur. Certains grands groupes apposent même leurs marques sur les diplômes, pour autant reconnus par toute la profession. Ainsi, Bouygues Télécom a lancé, en partenariat le Ciefa, un BTS Management des Unités Commerciales pour former les futurs directeurs de ses boutiques. "Nous avons rapidement besoin de jeunes managers opérationnels pour suivre le rythme de croissance de notre réseau", explique Julien Léguillon, responsable RH du groupe. Alors plutôt que de ne rien faire, les entreprises s’investissent activement dans la formation initiale. Elles envoient bien souvent leurs cadres pour assurer certains cours et accueillent volontiers les étudiants en apprentissage ou en stage.

Entente cordiale dans les écoles

Si les entreprises s’intéressent à tous les établissements de formation, les écoles ont déjà pris de l’avance. Elles entretiennent depuis longtemps des liens plus étroits avec les acteurs du monde économique.

Certaines sont d’ailleurs directement rattachées aux Chambres de commerce et d’industrie : "Des dirigeants participent à nos réunions pédagogiques et ils influencent largement sur l’évolution des contenus de notre programme, ce qui le rend plus proche des réalités économiques", explique Frank Vidal. Une approche qui semble toute naturelle au directeur d’école de commerce.

Méfiance pour l’université

Pour autant, dans les universités, le rapprochement avec les entreprises est parfois mal accueilli, notamment par les enseignants-chercheurs : "Je suis d’accord avec le fait de proposer des formations qui débouchent sur un métier. Mais il y a un danger quand les intérêts des entreprises peuvent influencer la politique de l’université. C’est toute notre indépendance qui est en jeu !", prévient Jacques Grenet, membre du SNESup-FSU, principal syndicat des enseignants-chercheurs.

La participation du monde économique dans l’évolution des formations d’enseignement supérieur semble indispensable pour coller aux réalités mais y-a-t-il le danger de voir un jour, les entreprises prendre le contrôle de l’université et des écoles ? Les avis divergent et le débat reste ouvert.

Le GREPLundi 30 Mai 2011
Librairie en ligne
Librairie en ligne