Les junior-entreprises, entièrement gérées par les étudiants, permettent aux entreprises de bénéficier de prestations de qualité et à moindre coût. On en répertorie ainsi plus de 150, réparties sur tout le territoire français. Et elles ne cessent de prendre une importance grandissante.
S'offrir une étude réalisée par un polytechnicien est un rêve inatteignable pour votre entreprise ? Pas forcément, si celle-ci fait appel à "XProjets", la junior-entreprise de la prestigieuse école d'ingénieurs de Saclay. Depuis plus de 40 ans, la France a en effet développé ce modèle original d'entreprises étudiantes, permettant de faire appel aux talents et aux compétences des futurs diplômés. Et ceci pour un coût relativement faible.
La relation s'avère gagnante pour les deux parties. Les entreprises peuvent en effet compter à la fois sur le dynamisme des étudiants ingénieurs et sur une prestation de qualité à moindre coût, tandis que ces derniers bénéficient d'une expérience professionnelle, entrepreneuriale ainsi que d'un complément non négligeable pour financer leurs études.
Pas moins de 150 junior-entreprises existent aujourd'hui sur le territoire français, appartenant à des écoles de commerce, des écoles d'ingénieurs, ou - dans une moindre mesure - à des universités. Leur statut est celui d'associations à but non lucratif, gérées entièrement par les étudiants, et fonctionnant comme des cabinets de conseil spécialisés.
Les étudiants d'une école de commerce ou d'un IAE pourront ainsi réaliser une étude de marché ou élaborer des tableaux de bord. Ceux d'une école d'ingénieurs, développer un logiciel, un prototype… ou encore ceux d'une école d'agronomie, analyser la qualité nutritionnelle d'un aliment, etc.
Les prestations s'avèrent aussi variées que celles effectuées par des enseignes professionnelles de consultants. Seules obligations : le travail réalisé doit comporter une plus-value pédagogique et entrer dans le domaine de compétences des étudiants. Pas question donc de faire appel à la junior-entreprise d'une école de commerce pour trouver des étudiants qui distribueront des tracts pour une opération de street marketing !
Pour avoir le droit de se réclamer du nom de "Junior-Entreprise", les associations étudiantes doivent lancer un processus d'accréditation strict, géré par la Confédération nationale des juniors-entreprises (CNJE). Ce processus, qui garantit une qualité de service aux entreprises, passe par différentes étapes.
La première est celle de l'appellation "Junior création", octroyée après une visite qualité et l'obtention d'un avis favorable de la CNJE. La seconde étape, celle de la "pépinière junior-entreprise", est soumise aux mêmes contraintes, auxquelles s'ajoute l'obligation de faire état d'une année d'existence et d'un volume d'activité suffisant. L'obtention du dernier grade, de "Junior-Entreprise", sera, lui, conditionnée au rendu d'un rapport d'activité, à la réalisation d'une autre visite qualité et au vote positif de la confédération en Assemblée Générale.
Il existe enfin un statut "Junior initiative", qui permet de rétrograder une structure ayant failli à rendre le service attendu, sans mettre en péril la pérennité de l'association. Celle-ci bénéficie alors du soutien de la CNJE, pour se redresser et retrouver la qualité de junior-entreprise.
A noter enfin qu'un certain nombre de junior-entreprises ont choisi de renforcer encore leur garantie de qualité, en obtenant la qualification de services ISO 9001.
Les grandes entreprises font appel à des junior-entreprises pour réaliser certaines missions et, accessoirement, repérer de futurs collaborateurs. Néanmoins, les premiers utilisateurs de ces prestations restent les TPE-PME ou des créateurs d'entreprises, souvent envoyés vers ces structures par leur chambre du commerce et de l'industrie.
Elles offrent en effet un avantage compétitif non négligeable par rapport à un cabinet de consultants professionnels : leur coût. Les missions réalisées par des intervenants, étudiants, de niveau licence ou master de l'école dont dépend la junior-entreprise, sont facturées en "Jour-Etude-Homme", dont le prix s'étend généralement de 70 à 200 €.
Le coût varie en effet selon le type de mission, sa plus-value, sans oublier la "marque" de l'école à laquelle appartient la junior-entreprise. Car on s'en doute, un polytechnicien, même s'il n'a encore que le statut d'étudiant, est une compétence qui reste chère…
Source : CNJE, 2010
Raphaëlle Pienne