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Le MBA, une chance pour l'entreprise

Le MBA est un plus indéniable pour le salarié mais l'entreprise y gagne aussi. Elle doit pleinement s'impliquer dans la démarche pour profiter du gain en compétences apporté par la formation.

Définir la finalité du MBA

"Un MBA ??!! Mais vous voulez nous quitter ?" Voilà le plus souvent la réaction d’un DRH à qui son salarié annonce son envie d’évoluer vers le prestigieux programme. Résultat : les entreprises qui soutiennent financièrement leur collaborateur dans cette démarche restent encore rares.

Mais avant de crier au loup, il convient tout d’abord de faire le point sur l’objectif poursuivi au travers du MBA. Longtemps perçu comme un moyen radical de changer d’orientation, ou de monter son entreprise, le MBA est aujourd’hui envisagé comme un outil de GPEC (Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) comme les autres.

"Le temps se réduit, la durée de vie des diplômes et des compétences également. Les plus clairvoyants ont conscience que l’on ne peut plus vivre sur les acquis de sa formation indéfiniment. Dans ce cadre, le MBA entre simplement dans le processus de la formation tout au long de la vie."

D’autre part, la multiplication des programmes Executive, qui mobilisent les participants le soir et le week-end, voire quelques journées par mois, permet d’éviter une séparation longue entre le salarié et son employeur souvent reprochée aux programmes Full-time. Mieux, le participant peut appliquer dès le lundi ce qu’il aura appris en cours le vendredi.

Pour aller plus loin, il est également envisageable d’adosser la formation à la conduite d’un projet d’étude ou de consulting interne à l’entreprise. Moins cher que si elle était confiée à un consultant extérieur, cette mission sera aussi pour le salarié l’occasion de faire ses preuves sur le terrain, et de rassurer son employeur. "Mais même dans le cas où l’entreprise finance une partie du MBA, c’est majoritairement l’employé qui reste à l’origine de la démarche", rappelle Laurent Trioreau, Directeur des programmes de l’ESCEM.

MBA : valoriser les hauts potentiels

Pourtant, créer la surprise et proposer le financement d’un MBA peut s’avérer payant pour l’entreprise, notamment comme outil de séduction pour valoriser les meilleurs éléments. EDF, par exemple, a choisi cette voie pour permettre à ses hauts potentiels de monter en compétences. Ainsi, chaque année, soixante cadres pressentis pour reprendre les rennes de l’entreprise ont accès à une vingtaine de MBAinternationaux.

Mais l’aura du MBA peut également servir "d’appât" dans la course aux cadres sur un marché des plus tendu. Capgémini Belgium l’a bien compris. Et dans sa dernière offre d’emploi, le cabinet de consulting a mis dans la balance deux MBA dispensés dans la prestigieuse école de Cranfield. "Nous recherchions à embaucher deux bons consultants en technologie de l’information, mais le marché est très difficile sur le plan européen, confie Kris Toté, porte-parole de Capgémini.

A la suite de l’annonce parue dans Vacature (un journal belge, ndlr), nous avons reçu une vingtaine de candidatures très intéressantes." Et d’un niveau très élevé, car il n’y aura pas de passe-droit pour intégrer la business school britannique. Les candidats ont donc du convaincre les recruteurs de Capgémini et du MBA de Cranfield en affichant, entre autres, un bon score au GMAT et au TOEFL, une ouverture à l’international, et une expérience significative en entreprise, un esprit et des ambitions managériales…

Le tout à démontre bien sûr lors des incontournables essais qui marquent l’entrée de tout bon MBA. Un double coup de pub pour l’entreprise qui affiche ainsi sa volonté d’assurer le meilleur niveau de compétence à ses clients, et de s’engager dans la formation de ses collaborateurs en offrant de réelles perspectives de carrière. En effet, à l’issue de cette course d’obstacles de longue haleine, les deux lauréats se verront offrir un poste de haut niveau au sein de Capgémini Belgium.

Un retour sur investissement dans la durée

Toutefois, le financement d’un MBA à l’un de ses collaborateurs ne constitue que la moitié du travail. Le retour en entreprise est également une étape cruciale pour optimiser le retour sur investissement du programme. En effet, le marché est plutôt favorable aux cadres. Donc une fois diplômés, ces derniers ont tendance à écouter le chant des sirènes de la concurrence (salaire, bonus) s’ils ne trouvent pas de réponses satisfaisantes au sein de leur propre entreprise. Et c’est souvent le cas.

" Bizarrement en France, le MBA n’a pas la même valeur que dans d’autres pays qui ont une vraie culture MBA, comme la Chine, le Japon, l’Angleterre, ou encore les Etats-Unis. C’est un vrai paradoxe ! Nous sommes l’un des pays où un cadre peut faire toute sa carrière entière sur son seul diplôme de grande école, où l’on confie des responsabilités très importantes à un sortant des Mines ou des Ponts. Mais où on demande à un diplômé MBA de faire ses preuves", constate Christophe Coutat.

L’explication ? "Peut-être que les diplômés MBA ont des attentes en terme de salaires et de responsabilités trop élevées et trop directes surtout, reprend le directeur d’Access MBA. Alors que pour les DRH, un MBA reste un diplôme comme les autres. Et ce qui compte c’est la personnalité. Ils s’attendent donc à ce que le diplômé MBA fasse ses preuves pendant un ou deux ans avant de lui confier de vraies nouvelles responsabilités."

Le GREPMercredi 18 Août 2010
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