Créé en 1986 par la Conférence des grandes écoles (CGE), le Mastère spécialisé (MS) connaît un franc succès aussi bien auprès des jeunes diplômés que des professionnels en activité. Aujourd'hui plus de 120 écoles d'ingénieurs et de management proposent 416 Mastères Spécialisés. Les promotions accueillent en moyenne 2/3 d'étudiants en formation initiale et 1/3 en formation continue, et ces derniers sont de plus en plus présents.
"Les mastères spécialisés apportent une véritable expertise dans son domaine", explique Jacques Tournut, directeur des programmes post-graduate à l'ESC Toulouse. Ainsi, les candidats viennent de tous horizons pour se former. Par exemple, de nombreux diplômés d'écoles d'ingénieurs suivent un mastère spécialisé en management pour acquérir une double-compétence, très recherchée sur le marché du travail.
Pour d'autres, le mastère spécialisé est l'occasion de se spécialiser dans son domaine d'expertise, et d'approfondir un sujet. Un titulaire d'un master d'école de management, pourra souhaiter suivre un mastère spécialisé dans la gestion des achats afin d'élargir ses possibilités d'emploi et/ou gagner en responsabilités.
Certains diplômés d'universités viennent également chercher le label Grande Ecole reconnu par les entreprises : "Il y a des recruteurs qui s'attachent plus à la réputation de l'établissement qu'au niveau d'étude", prévient Laurent Blanchard, directeur exécutif du cabinet de recrutement, Michael Page.
Cette année de formation supplémentaire améliore l'accès à l'emploi mais également le niveau de rémunération. Selon la CGE, le niveau de salaire augmente de 11% en moyenne à la sortie d'un mastère spécialisée. Un gain non négligeable qui explique le succès de la formation auprès des professionnels en activité.
La formation labellisée par la CGE se déroule en deux semestres avec un minimum de 350 heures de cours "mais je ne connais pas de programme avec moins de 500 heures prévues", assure Jacques Tournut. La somme de travail est très importante. La pédagogie s'inspire largement du programme Grande Ecole, avec l'alternance de cours théoriques et d'exercices pratiques. L'une des grandes différences néanmoins est l'importance apportée dans le cadre du mastère spécialisé au développement personnel des étudiants.
Les étudiants de MS ont déjà cinq ans d'études derrière eux, preuve d'un bon bagage théorique et d'une grande capacité d'apprentissage. Leur année supplémentaire de formation servira donc plus à développer un projet personnel qu'à acquérir de nouvelles compétences. Les enseignants, académiques et intervenants professionnels, s'adaptent en fonction de chaque étudiant. Ils les accompagnent dans l'avancement de leur projet, insistent sur les points forts et les faiblesses pour les faire progresser.
Ici, la finalité est l'insertion professionnelle. Tout le parcours de formation tend vers cet objectif en apportant aux étudiants les compétences nécessaires à l'obtention du poste visé. Les cours en classe tiennent donc une place importante mais c'est le stage, encore une fois, qui va permettre de se confronter à la réalité du terrain.
Le stage est d'une durée minimum de quatre mois mais dans la plupart des formations, il occupe la moitié de l'année. Comme souvent dans les écoles, il est au centre de la formation et les MS vont encore plus loin. Les étudiants doivent mener tout au long de l'année une thèse professionnelle qui sera en lien avec leur projet et le stage suivi. Cet exercice est comparable au mémoire de recherche universitaire avec une orientation plus concrète, une application directe possible sur le terrain.
Ce mélange d'expérience du terrain et de démarche de recherche doit apporter aux étudiants de MS des connaissances pointues mais surtout "On leur apprend à apporter des solutions en toutes situations, à transformer les contraintes en opportunités", résume Jacques Tournut.