Les entreprises sont de plus en nombreuses à permettre à leurs salariés d’obtenir le diplôme d’ingénieur en formation continue. Entre les mesures d’encouragement à la formation tout au long de la vie et l’impact de la crise, les écoles constatent une hausse de la demande à laquelle elles s’appliquent à répondre en mettant en place des cursus adaptés aux besoins du marché.
Limiter le turn-over, fidéliser les collaborateurs pour garder et transmettre les savoirs au sein même de l’entreprise, améliorer les compétences pour porter de gros projets, autant de défis à relever pour les DRH. "La fidélisation des cadres dirigeants est une priorité pour de nombreux responsables des ressources humaines", explique Florence Durand, Directrice du département formation continue à l’Ecole Centrale Paris.
Depuis la loi relative à "l'orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie du 24 novembre 2009", l’accès à une qualification diplômante, acquise au cours d’un cursus en formation continue, a été facilité.
"Nos effectifs en formation continue aux diplômes d’ingénieur sont passés de 9 à 29 personnes entre 2008 et 2011", estime Christine Ducrocq, ingénieure en charge du développement à l’ENSIAME de Valenciennes.
La politique de formation fait partie de l’approche stratégique de gestion des ressources humaines : "Cela permet de fidéliser un collaborateur qui a déjà une bonne connaissance de l’entreprise et ainsi de garder le savoir dans l’entreprise. La formation a un coût, mais il reste moindre par rapport à celui du recrutement et de la formation de nouveaux salariés. L’épanouissement personnel est un moteur sur le plan professionnel et un facteur d’efficacité au sein de l’entreprise", résume Florence. Les formations d’ingénieur permettent d’acquérir un recul et une vision stratégique de l’entreprise qui enrichit l’approche des collaborateurs en leur ouvrant les portes de l’encadrement.
Les établissements de formation, forts de la reconnaissance et des ressources liées à l’enseignement initial de diplômes à forte attractivité, tant auprès des étudiants que des entreprises, proposent des cursus qui collent aux objectifs des entreprises.
Chaque école construit son offre avec ses partenaires professionnels (entreprises, OPCA) pour répondre aux besoins de chacun. L’adaptation des contenus et de l’organisation des études joue un rôle dans l’attractivité des formations.
A Centrale Paris, les entreprises plébiscitent les formations axées sur la performance et la qualité (Lean six sigma, reconnu de titre de niveau 1 - bac +5), tant dans les services que dans l’industrie. Viennent ensuite les systèmes d’information et le management des technologies puis le management de projet. En développement ces dernières années : les enjeux durables, et notamment les systèmes de gestion de la santé, le développement durable et l’innovation.
"La formation continue permet de compléter les compétences techniques, mais surtout l’aspect management", explique Jean-Yves Debruille, directeur du département ingénieur en partenariat à l’ENSIAME, qui constate de son côté une hausse des demandes dans les domaines liés à l’international et aux technologies.
Car l’évolution concerne les marchés, bien sûr, mais aussi les mentalités des salariés de plus en plus demandeurs de reconnaissance et de perspectives de carrière. Pouvoir évoluer au sein de l’entreprise, revenir à l’emploi ou compléter son profil fait partie des préoccupations des cadres, qui peuvent bénéficier de la formation continue délivrant un diplôme reconnu. Les entreprises comme les salariés ont été impactés par la crise dans leur approche de la formation. Ils sont de plus en plus nombreux à vouloir acquérir un diplôme supplémentaire après plusieurs années d’expérience pour consolider leur profil.