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La formation continue universitaire en chantier

Malgré un catalogue bien fourni, l’université peine face aux champions de la formation continue que sont les grandes écoles et les organismes spécialisés. Les lancent des pistes pour progresser dans le domaine.

Les universités sont à la traine. Elles ne captent même pas 5% des dépenses nationales annuelles en formation continue. « Le problème, c’est que nos puissances de feu commerciales ne sont en rien comparables avec les grandes écoles ou les organismes du type Cegos ou Demos », regrette Françoise Daumarie, responsable de la formation continue pour l’université de Cergy-Pontoise.

Les effectifs commencent à s’étoffer mais de façon encore insuffisante pour s’opposer aux « machines de guerre » concurrentes. La loi relative aux libertés et responsabilités des universités, dite LRU, pourrait bien changer la donne.

L’autonomie, une aubaine pour la formation continue

"Elle a réveillé les présidents ! Ils découvrent que la formation continue est un moyen de financement au même titre que la recherche ou les fondations », constate Jean-Marie Filloque, Président du réseau des formations continues universitaires. L’autonomie permet notamment de mieux moduler les emplois du temps des professeurs et ainsi de les rendre plus disponibles pour les programmes de formation continue : « Les enseignants pourront enfin adapter les horaires de cours à la vie des étudiants", se réjouit Catherine Bucherer-Guillermin, directrice de la formation continue à l’Université Pierre et Marie Curie (UPMC). Les IAE ont déjà compris cette problématique du manque de flexibilité du temps de travail et propose depuis longtemps des cours le soir et les week-ends.

Trouver un positionnement original

Pour se démarquer de ses concurrents, l’université pourrait s’appuyer sur l’un de ses points forts : la formation de docteurs. « Nous disposons des meilleurs chercheurs du marché, il serait bête de s’en priver », avance Jean-Marie Filloque. De plus, il estime que la nouvelle économie mondialisée joue en la faveur de ce diplôme : « Le niveau d’ingénieur n’est pas connu à l’étranger. Si les salariés veulent être compétitifs à l’international, ils doivent viser le doctorat ». Encore faut-il savoir se vendre, Françoise Daumarie prévient « qu’il va falloir faire un gros effort de marketing pour nos docteurs ».

Cette dernière avance une autre piste pour percer sur le marché de la formation continue : les diplômes à bac +1 et bac +2. « Les banques sont très demandeuses de ces profils pour les postes de chargés de clientèle par exemple », affirme-t-elle. Et d’ajouter : « Contrairement au cliché, les universités sont aussi bonnes en gestion et en finance que les grandes écoles ».

Des formations à la carte ?

Autre grand chantier, l’individualisation des parcours : « Il faut faire comprendre aux universitaires que le monde a changé et que l’on peut aujourd’hui valider un diplôme sans passer obligatoirement toutes les unités d’enseignements », réclame la responsable de l’UPMC. Cette idée d’une formation diplômante à la carte pourraient bien faire écho auprès des entreprises et des salariés, toujours demandeurs de plus de souplesse dans les formations.

Le GREPVendredi 27 Mai 2011
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