Tout juste élu président du conseil d'administration du groupe EDHEC, Richard Simonin a détaillé pour le GREP les grandes lignes stratégiques qu'il compte mettre en place.

"C'est plus un rôle qu'une fonction, car le président du conseil d'administration n'a pas de rôle opérationnel. Au niveau de l'EDHEC, le conseil d'administration, et plus particulièrement le bureau du conseil, travaille de façon soutenue avec l'équipe exécutive.
Pour ma part, je connais un peu les dossiers car ça fait près de 14 ans que je suis au bureau. J'étais en effet vice-président, et j'étais très impliqué dans le développement de l'EDHEC. On y fixe ainsi la stratégie puis on en contrôle la mise place. Une stratégie qui est pilotée par le bureau du conseil d'administration, en étroite liaison avec Olivier Oger, le directeur général, et l'équipe exécutive."
"Comme ça fait 14 ans que je suis dans l'équipe, je ne suis pas franchement un homme de rupture. Il y a eu une sorte de double effort qui a été fait ces dernières années, que je vais continuer, avec une vraie accélération du développement international, que ce soit en termes de recrutements de professeurs et d'étudiants étrangers, mais aussi au niveau des incitations diverses et variées pour envoyer nos étudiants en stage pour travailler à l'étranger.
Nous sommes ainsi actuellement, à peu près, à 30 % de nos étudiants dont le premier emploi est à l'étranger, et 60 % sont en France mais ont des fonctions internationales. C'est vraiment ce qui a marqué les années de présidence de Bernard Fournier, le précédent président.
En parallèle, on a renforcé notre assise française, avec les deux campus de Lille et de Nice, en investissant près de 100 millions d'euros sur les deux sites. Il faut donc absorber et supporter ce développement. De mon côté, j'arrive alors que tout ça fonctionne bien. Qui plus est, l'école est indépendante financière. Elle ne dépend pas d'une CCI ni d'une personne : elle vit à la fois des scolarités et des contributions des entreprises sous diverses formes. Et elle est très saine en matière financière."
"Ma priorité est de poursuivre le développement international de l'EDHEC. Après avoir renforcé l'assise nationale et accentué la visibilité internationale, on a deux campus qui ont démarré l'année dernière. Ce sont des executive campus comme le campus de Paris que nous venons d'inaugurer, et on a un projet à New York.
Pour l'instant, c'est encore au stade de projet : il faut bien qu'on pose nos bases car la concurrence est rude là-bas et il faut qu'on ait un angle stratégique un peu particulier pour se différencier. Mais, en s'appuyant sur notre équipe de finance, comme on l'a fait à Singapour et à Londres, on devrait avoir un assez fort facteur de différenciation !
New-York devrait ainsi se finaliser à l'horizon 2014. On y travaille : on a un premier séminaire de finance organisé en co-branding avec Princeton, on a un plan d'action et on a une toute petite équipe sur place. Mais, avant d'installer l'executive campus new-yorkais, il faut stabiliser Singapour et Londres. Car notre développement va très vite. La preuve : l'école a doublé de taille et de budget au cours des cinq dernières années.
"L'ancrage français est fondamental : il faut qu'on continue de tenir notre rang et même qu'on l'améliore en France. Pour y arriver, les deux nerfs de la guerre sont toujours les mêmes : la qualité des professeurs et celle des enseignants. Nous sommes ainsi en permanence en recrutement de professeurs de niveau international, qu'ils soient français ou étrangers.
J'ajoute à cela les relations avec les entreprises. On développe en permanence notre tissu de relations avec les entreprises, que ce soit pour financer des formations ou placer nos étudiants. Ce sont mes lignes directrices.
Comme je disais à notre précédent président : en entreprise, on raisonne "time to market" de six mois à trois ans. Dans ce métier de l'enseignement, "time to market", c'est dix ans, le temps de mettre en place, de recruter, de diplômer… C'est vrai qu'on va vite, mais c'est une course de fond !"
"Maintenant, les grandes business schools sont des marques. On doit devenir une des grandes marques de business schools internationales. Nous sommes sur le seuil mais nous ne sommes pas encore rentrés dans le cénacle. Je veux être le président ayant fait de l'EDHEC une vraie marque internationale !"