Co-fondateur de CrossKnowledge, Steve Fiehl pilote l'innovation produit. A ce titre, il dirige les équipes de recherche et développement pédagogiques et techniques du groupe, qui se présente comme le leader européen du développement des compétences managériales à distance par les nouvelles technologies et qui a réalisé le premier baromètre européen du e-learning, en partenariat avec le cabinet d'études Féfaur.
"Le e-learning est un secteur où les pratiques sont encore en train de se développer. La croissance est certes lente, mais elle est inexorable. Le baromètre montre d'ailleurs que le e-learning va à l'avenir toucher de plus en plus d'entreprises et de salariés. Précédemment, il y a eu une période de tests et de validation du e-learning par les entreprises. Désormais, elles souhaitent développer cet outil."
"Nous pensons que les PME seront le levier de croissance du e-learning. Les grandes entreprises s'y sont mises plus tôt. Cela répondait, pour elles, à une logique d'investissement et à la recherche de la réalisation d'économies d'échelles. Mais aujourd'hui, les PME ont des changements à mener afin de rester compétitives sur un marché international.
Le travail à distance se développe, les populations sont de plus en plus excentrées, tout cela concoure au besoin de former la juste personne de façon plus flexible. Alors que les grandes entreprises ont tendance à acheter des formations e-learning en "catalogue sur étagère", les PME nous contactent en revanche pour avoir la technologie, et développent leurs propres outils de formation."
"Le baromètre indique que l'objectif que les entreprises assignent prioritairement au e-learning est l'optimisation des coûts de formation. La crise est donc un levier pour notre secteur. Jusqu'à présent nous étions en présence d'entreprises qui avaient saisi l'opportunité du e-learning, et d'autres qui hésitaient pour des raisons culturelles.
Aujourd'hui, celles qui y allaient à reculons voient qu'elles n'ont plus le choix. La situation a changé par rapport aux crises précédentes, où les entreprises coupaient le budget dédié à la formation en premier. Les entreprises savent aujourd'hui qu'elles n'ont pas intérêt à diminuer la formation, mais elles souhaitent la garder à moindre coût."
"En France, l'obligation de se former depuis la loi de 1971 a créé une forte habitude de la formation en présentiel. L'arrivée du e-learning induit un fort changement pour les entreprises, mais aussi pour les prestataires de la formation.
Ceux-ci se retrouvent face à une explosion des possibilités de formations. Alors qu'ils avaient une "recette unique", ils se retrouvent à gérer un restaurant avec un menu complet !
Les formateurs se voient également assigner de nouveaux rôles. Les changements sont énormes pour tout un secteur qui pèse des milliards en France, et cela peut faire un peu peur. Mais ce changement ne se fera qu'avec eux."
Propos recueillis par Raphaëlle Pienne