Choisir un MBA dans l'immense catalogue des écoles n'est pas toujours aisé. Christophe Coutat, directeur général d'Access MBA, vous donne ses secrets pour ne pas se tromper.
Christophe Coutat, Directeur général d’Access MBA
Tout d’abord, il convient de prendre du recul. Le MBA peut représenter beaucoup : un tremplin vers plus de responsabilités, un nouveau départ en cas de changement de secteur, une pause dans la carrière avec la formule Full time…
Chacun doit donc prendre le temps de s’interroger et de faire le point sur ses envies, ses compétences et ses attentes en termes de carrière, et de vie sur les cinq ans à venir.
C’est ce que nous faisons au sein d’Access MBA. Nous rencontrons les candidats au MBA et nous les aidons à définir leur projet au travers de questionnaires et d’entretiens. Ensuite, nous les orientons vers le MBA qui leur convient lors de salons organisés tout autour du monde.
Par exemple, quelqu’un qui souhaite se lancer dans l’entrepreneuriat en Espagne sera dirigé vers l’IE de Madrid. Un autre envisage d’intégrer les grands groupes français en région parisienne, il privilégiera l’Insead. Enfin, celui qui se destine au consulting, et au cabinet McKinsey, devra se limiter au top 5.
Le choix du MBA doit aussi se faire en fonction de l’ambiance du campus. Les candidats ne doivent donc pas hésiter à se déplacer pour "prendre la température".
Bien sûr, tant que toutes ces questions ne sont pas résolues, il est toujours temps de raccrocher aux classements. Mais les ranking sont une indication, pas une fin en soi. Le MBA doit être un véritable projet personnel.
Il y a eu une explosion il y a 10 ans, et qui a duré 4/5 ans, pendant une folie comparable à la bulle Internet de 2000. On sortait des MBA sur tout et n’importe quoi. Mais les candidats diplômés n’étaient pas tous satisfaits.
Après quelques fermetures, le marché est en train de se réguler. Aujourd’hui, restent les plus sérieux et les plus anciens. On dénombre une cinquantaine de MBA réels, émanant d’établissements qui se valent vraiment.
On ne peut donc pas réellement parler d'inflation sur les programmes mais de démultiplication. Les écoles qui ont déjà un programme MBA établi le décline en Part time, Exec, ... pour s’adapter à la demande du marché des candidats.
En effet, l’inflation s’est déplacée sur le nombre de candidatures aujourd’hui. Ce phénomène est lié au ralentissement économique. En ces périodes d’incertitude, les cadres se posent des questions, s’interrogent sur leur avenir. Ils perdent confiance en leur développement personnel et leurs perspectives de carrières. Le MBA intervient alors comme une valeur sûre, reconnue internationalement et jamais rattrapée ou égalée par les autres diplômes du marché.
Les cadres entament alors un MBA avec l’idée de s’immerger pendant la crise. Et quand ils ressortiront, grandis, peut être que le marché ira mieux. Ils pourront alors aller travailler dans un autre secteur, sur un autre marché ou saisir une opportunité à l’international. En période faste, en revanche, les évolutions de carrières facilitées et les augmentations quasi annuelles n’incitent pas les cadres à s’inquiéter du lendemain. Ils sont alors moins enclins à investir 20 000 ou 30 000 euros dans une formation.
Bizarrement en France, le MBA n’a pas la même valeur que dans d’autres pays qui ont une vraie culture MBA, comme la Chine, le Japon, l’Angleterre, ou encore les Etats-Unis.
En France, on ne constate pas encore de vraie reconnaissance mais une stabilisation de la perception du MBA. Pour les DRH, un MBA reste un diplôme comme les autres. Et ce qui compte c’est la personnalité. On s’attend donc à ce que le diplômé MBA fasse ses preuves pendant un ou deux ans avant de lui confier de vraies nouvelles responsabilités.
C’est un vrai paradoxe à la française en fait. Nous sommes l’un des pays où un cadre peut faire toute sa carrière entière sur son seul diplôme d’école et où l’on confie des responsabilités très importantes à un sortant des Mines ou des Ponts. Mais l’on demande à un diplômé MBA de faire ses preuves.
Toutefois, il convient de relativiser, les alumnis sont très peu déçus de leur expérience MBA. Ceux qui suivent leur programme en France en général, c'est pour rester en France. Mais ils pourraient trouver mieux en Angleterre par exemple où le MBA est plus reconnu.