Les nouvelles technologies changent profondément les formations mais les cours en présentiel n'ont pas disparu. Ils accompagnent l'enseignement à distance et donnent naissance à ce que l'on nomme "Blended learning".
Les nouvelles technologies révolutionnent les façons d'apprendre "Mais elles ne sont pas une fin en soi, seulement un moyen de nous faciliter la vie. Si le e-learning prend de plus en plus de place dans nos formations, les cours en classe demeurent essentiels pour créer une dynamique de groupe entre les apprenants", prévient William Hurst de l'EM Lyon.
C'est pourquoi, on entend désormais parler de "Blended learning", un mélange d'enseignement à distance et de présentiel. Le e-learning sert souvent de pré-requis et de base pour assister ensuite à une formation en salle, permettant notamment d’optimiser le temps de classe et d’en faire principalement un temps d’échange, moins théorique.
"La relation entre le prof ou le tuteur et l'apprenant est très différente. Je suis paradoxalement plus proche des mes étudiants à distance que ceux que je vois en classe tous les jours", indique Pierre-André Caron. Cela s'explique d'abord par l'étalement des formations à distance.
Si les sessions classiques se déroulent sur un à cinq jours, le e-learning peut s'étirer sur plusieurs mois, au rythme souhaité par le salarié. Donc l'apprenant est en contact plus longtemps avec le formateur. La possibilité d'étaler sa formation dans le temps permet également au salarié d'appliquer chaque jour les enseignements acquis en formation. "Dans le cas d'une formation en salle classique, les apprenants oublient 80 % des connaissances acquises au bout d'une semaine", prévient le directeur associé de Crossknowledge.
Les méthodes à distance aboutissent également à une plus grande individualisation de la formation. "Chaque correction est faite au cas par cas. Les tuteurs prennent le temps d'expliquer à chaque stagiaire les erreurs commises et voient avec lui comment rectifier le tir. Il ne s'agit pas de noter des copies mais d'accompagner dans l'apprentissage", insiste Jean-Michel Lacroix, directeur général du Centre national d'enseignement à distance (CNED).
En s’appuyant sur des ressources multimédias multiples, le e-learning favorise une révolution des méthodes pédagogiques. Plus ludiques, les simulations, les tests d’auto-évaluation, l’échange de messages "synchrones" ou "asynchrones" créent une interactivité qui place l’apprenant au cœur de la formation. Beaucoup moins passif que dans le présentiel, l’apprenant est directement mis en situation, garantissant l’efficacité de la formation.
Outre la formation continue, le e-learning prend également son essor dans l'enseignement supérieur. Les facs sont en pleine révolution numérique et les cours en vidéo se multiplient sur les portails des écoles et des universités. Certains professeurs donnent même des cours sur Facebook ou Twitter.
Pierre-André Caron de l'université de Lille-1 explique cette évolution par les habitudes et les compétences des nouvelles générations : "Les Digital Native [Ceux qui sont nés avec l'ordinateur, le web et les téléphones portables, ndlr] ont complètement changé la donne et les générations suivantes ne pourront plus se passer des outils numériques. C'est tout le modèle pédagogique de la primaire à la formation professionnelle qui doit évoluer pour s'adapter aux besoins de l'époque".