Cela fait maintenant plus de quinze ans que les grandes écoles ont ouvert des cursus en apprentissage. La formule allie rigueur académique et expérience du terrain, un savant mélange qui correspond bien à la philosophie de ces établissements.
Depuis toujours, les écoles de commerce et d'ingénieurs se sont différenciées de leurs concurrents par une pédagogie du concret. Les exercices pratiques, développements de projets et autres études de cas sont au cœur des programmes. Les entreprises sont également historiquement très proches de ces établissements. "La formule de l'alternance semblait donc naturellement s'adapter à notre modèle", explique Pierre Tapie, président de la Conférence des Grandes Ecoles et directeur général de l'ESSEC. Cette dernière a été pionnière dans le domaine de l'apprentissage (CF. Interview p. ??). Première Business School a proposé sa formation en alternance, elle a rapidement fait des émules.
La CGE indique dans sa dernière enquête que 32 écoles de commerce (sur 37 membres) et 73 écoles d'ingénieurs (sur 150 membres) ont désormais adopté la formule. Au total, elles accueillent plus de 12 300 apprentis, soit plus de 10 % des étudiants en alternance dans le supérieur.
Parmi les derniers établissements à ouvrir leur cursus à l'apprentissage, l'étude faisait ressortir l’Ecole centrale de Paris ou encore Télécom Paris Tech qui viennent tout juste d'ouvrir cette nouvelle filière à la rentrée 2010. "Les écoles d'ingénieurs d'aujourd'hui ne jouent plus suffisamment le rôle d'ascenseur social. La société en général et les entreprises en particulier nous demandent de nous ouvrir à d'autres publics. Nous avons mis en place depuis longtemps des recrutements par admissions sur titres mais ce n'était pas suffisant. L'école a donc décidé de faire de l'apprentissage l'instrument d'une nouvelle ouverture sociale", confie Dominique Ventre, Directeur de la Formation initiale de Télécom ParisTech.