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L'apprentissage passe à la vitesse supérieure

Universités, écoles, lycées, à tous les niveaux, l’alternance post-bac séduit. La formule affiche un tel succès qu’aujourd’hui, un apprenti sur cinq l’est dans le supérieur.

L'apprentissage pour tous les diplômes

"L'apprentissage est possible du CAP au Bac +5", la phrase, qui a pris valeur d'axiome dans la bouche des défenseurs de l'apprentissage, se vérifie aujourd'hui pour la plupart des formations.

Les 3e cycles se sont massivement convertis à cette formule : masters professionnels universitaires, diplômes d'ingénieurs ou programme Grande Ecole des écoles de commerce. Les établissements les plus prestigieux ont embrassé la formule, comme l'ESCP-Europe, l'Essec, et même Centrale depuis cette rentrée. Les entreprises, par ailleurs invitées à utiliser l'apprentissage par diverses incitations financières, ont désormais l'embarras du choix pour mettre à profit ce dispositif d'intégration de profils hautement qualifiés.

Bien plus qu'un stage

L'embauche d'un apprenti est certes plus contraignante que celle d'un stagiaire. Le premier aura un statut de salarié et sera soumis à un rythme de l'alternance, entre école et lieu de travail, pour une durée en générale plus longue que celle d'un stage. Mais ces particularités permettent de confier à l'apprenti des types de missions différentes. "Les étudiants de notre école en stage accompliront des missions plus précises, tandis que les apprentis se verront confier des missions plus larges, comportant plus de responsabilités", décrit Jean-Paul Soubeyrand, Directeur du CFA de l'Institut Supérieur d'Électronique de Paris (ISEP), avant d'ajouter "il ne faut pas oublier que l'apprenti est en quelque sorte un salarié que l'entreprise envoie en formation dans l'école".

Le processus de recrutement d'un apprenti différera donc de celui d'un stagiaire. "Nos apprentis passent par un recrutement qui s’apparente à celui d'un salarié", remarque Anne-Laure Levivier, responsable relations entreprises de Skema. "Au final l'apprentissage est une embauche", renchérit Jean-Paul Soubeyrand, "nous préparons nos apprentis en leur expliquant comment va se passer le processus de recrutement, en les aidant à travailler leur CV et les entretiens".

Des apprentis motivés et connaissant l'entreprise

Ces contraintes, auxquelles l'apprenti a lui aussi bien voulu se soumettre, assurent l'entreprise de trouver des profils alliant qualification et grande motivation. "Je suis en admiration devant nos étudiants en apprentissage, qui mènent de front travail personnel pour l'école et leurs tâches en entreprise", confie Anne-Laure Levivier.

Thibaud, ancien apprenti de Skema, aujourd'hui employé dans la filiale française d'une entreprise étrangère, conclut également à une motivation plus grande des apprentis : "l'apprenti va se démener davantage et s'investir plus qu'un stagiaire, il a un contrat de travail et une place entière dans l'entreprise".

Et d'apprenti à collaborateur plein et entier, il n'y a qu'un pas, que font de plus en plus d'entreprises, en utilisant l'apprentissage comme un dispositif de sourcing de profils à haut potentiel. "Ce sont des gens sérieux et motivés", dit Jean-Paul Soubeyrand de ces étudiants de 3e cycle, "l'apprentissage est un excellent outil de pré-recrutement de ces profils, car ils sont bien formés à la culture de l'entreprise et opérationnels immédiatement".

Une opinion que vient conforter le témoignage de Thibaud, embauché à l'issue de son apprentissage : "Ma transition vers l'entreprise a vraiment été très aisée car je connaissais déjà son fonctionnement, sa culture et ses produits".

Une pédagogie basée sur la relation écoles-entreprises

Avec quelques années de recul, il devient possible d'expliquer succès de l'apprentissage dans le supérieur par les nombreuses retombées positives pour les établissements eux-mêmes. Ceux-ci ont pu y trouver d'autres leviers de financement, des éléments pédagogiques nouveaux et une ouverture sociale, qui sont autant de réponses aux demandes des entreprises.

Lorsque l'Essec s'est lancée en 1993 dans l'apprentissage, devenant la première Grande Ecole à franchir le pas, ces apports n'étaient encore que très partiellement envisagés. "C'est un professeur qui a proposé de mettre en place un cursus en apprentissage pour le programme Grande Ecole", se souvient Séverine Jauffret, directrice des relations étudiants-entreprises de l'école de commerce, "c'était une expérience pédagogique, afin d'analyser les apports de ce mode d'études pour les élèves et les professeurs".

L'expérience s'est finalement révélée très concluante : "nous nous sommes rendus compte que la capacité d'interaction entre étudiants et professeurs était renforcée et que l'apprentissage était une manière de faire évoluer la pédagogie, alors qu'à l'époque les enseignements comportaient beaucoup moins d'études de cas".

L'arrivée de l'apprentissage à l'ISEP a eu les même conséquences, selon Jean-Paul Soubeyrand, "nous avons constaté que l'apprentissage contribuait à accroître la maturité professionnelle de la formation", confie-t-il, "la pédagogie a énormément évolué, nous ne formons plus des théoriciens purs, mais avons institué des apprentissages par projets et enseignons un ensemble de compétences communes à tous les élèves, même ceux qui ne sont pas en apprentissage".

Le GREPVendredi 08 Juillet 2011
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