L'alternance présente de nombreux avantages et notamment celui d'attirer des profils différents. L'argument fait mouche chez les grandes écoles, souvent taxées d'élitistes.
La vindicte lancée contre les Grandes Ecoles à propos de leur manque de diversité sociale a incité un peu plus les établissements à se tourner vers l'alternance. La Commission des Titres d'Ingénieur (CTI) encourage d'ailleurs les établissements à profiter du développement de l'apprentissage pour admettre des titulaires de DUT (diplômes universitaires de technologie) ou de BTS (brevets de technicien supérieur). Un bon moyen de diversifier des promotions jusque-là surtout composées d'élèves de classes préparatoires. Preuve à l'appui, l'ESIGELEC, une école d'ingénieurs généraliste près de Rouen, relève que si les enfants d'ouvriers ne représentent que 17 % des effectifs en cursus classique, ils constituent près du quart des étudiants en apprentissage.
Une récente étude du Céreq tendrait pourtant à prouver que les parcours en apprentissage ne jouent pas un rôle de levier social si important. La faute à un trop grand cloisonnement entre les formations. Cependant, de nombreux témoignages d'étudiants viennent appuyer les arguments des écoles pour ce dispositif. Comme par exemple, Stéphane Ureña : " Je ne viens pas d'une famille particulièrement pauvre mais cela aurait été compliqué d'assumer l'investissement important que nécessite une école de commerce", raconte cet étudiant en deuxième année de Master à l'EDHEC.
"Lors du lancement de notre formation en alternance, notre principale motivation était d'offrir une solution de financement aux familles qui n'avaient pas les moyens de payer les frais de scolarité", se rappelle Pascal Choquet, responsable de l'apprentissage à la Reims Management School. Mais ce n'est pas la seule raison de son engouement pour la formule : "Nous souhaitions aussi créer davantage de proximité avec les entreprises de notre région pour faciliter l'insertion de nos jeunes diplômés", ajoute-t-il avec raison.