L'alternance a su se faire une place au sein des plus grandes écoles. Le président de la CGE, Pierre Tapie, s'en réjouit mais estime que la formule doit encore être développée.
Pierre Tapie est directeur général de l'ESSEC et président de la Conférence des Grandes Ecoles
L'ESSEC fut la première école de commerce en 1993 à proposer une formation en apprentissage. Depuis, de nombreuses écoles ont suivi son exemple. Aujourd'hui, est-ce un devoir pour une école de commerce de proposer un parcours en alternance ?
"Les écoles de commerce ont désormais toutes des constantes dans leurs programmes qui leur permettent proposer une formation en apprentissage. Cependant, ce n'est en aucun cas une obligation, simplement une invitation. Je crois fortement à cette formule et aux qualités qu'elles apportent aux étudiants. Nous sommes d'ailleurs en discussion avec les pouvoirs publics pour développer davantage l'alternance dans nos programmes"
Les écoles d'ingénieurs ont elles aussi adopté la formule de l'apprentissage mais la Commission des Titres d'Ingénieurs (CTI) a posé certaines conditions strictes. Etes-vous d'accord avec cette position ?
"La CTI a insisté sur le fait de cloisonner les formations en apprentissage par rapport aux voies classiques pour ne pas dévaloriser ces dernières. L'expérience des écoles de commerce en la matière a démontré qu'il n'en était rien. Nous discutons actuellement avec eux pour avancer sur la question et les choses vont dans le bon sens"
Pensez-vous que l'alternance puisse s'appliquer à tout type de formation ?
"Non. Par exemple, certains étudiants travaillent dans des domaines de mathématique fondamentale qui ne sont pas utilisés en entreprise. Même chose pour un étudiant souhaitant devenir artiste peintre. L'apprentissage sous le sens du compagnonnage, une formation auprès d'un tuteur, serait tout à fait approprié mais il ne s'agirait pas alors d'une formation apprentissage au sens administratif du terme"
L'université multiplie les cursus en apprentissage. Pensez-vous que ces formations professionnalisantes puissent concurrencer les Grandes écoles ?
"La différence entre nos programmes et ceux de l'université ne tiennent pas qu'au côté professionnalisant. Il y a des divergences profondes dans les épistémologies qui sous tendent nos pédagogies. Elles peuvent, en revanche, nous concurrencer sur le financement des formations par les entreprises. Cela reste une bonne chose pour l'enseignement supérieur en général que l'université s'ouvre à des formes de pédagogies plus concrètes"